Le 27 mars, le projet iCULTURE organisait un atelier international dédié à l’approvisionnement en biomasse d’algues en Europe, aux moyens de le rendre encore plus durable, et à son utilisation pour une industrie européenne des algues compétitive, circulaire, favorable au climat et résiliente.L’atelier a réuni plus de 90 parties prenantes issues de divers horizons, notamment des entreprises et des organisations professionnelles, des chercheurs, des experts en algues et des représentants des autorités publiques.
L’atelier a débuté par une brève présentation du projet iCULTURE, avant d’aborder directement le thème du jour.
Maris Stulgis, chargé de mission « Bioéconomie bleue, algues et aquaculture » à la DG MARE, a présenté les actions en cours au niveau de l’UE pour soutenir le secteur des algues et les initiatives positives pour l’océan. Il a également souligné l’importance accordée par la Commission Européenne aux activités de restauration, qui vont au-delà de la simple garantie de la durabilité des activités actuelles. Dans un contexte de déclin mondial des forêts d’algues, la CE s’est fixé des objectifs très ambitieux dans le cadre de plusieurs textes : Règlement sur la restauration de la nature, stratégie de l’UE en faveur de la biodiversité, ou Pacte Européen de l’Océan. Il a aussi évoqué la feuille de route vers l’établissement des crédits nature, visant à combler un déficit de financement de 37 milliards d’euros par an en faveur de la biodiversité, ce qui pourrait représenter une opportunité significative pour l’algoculture.
Plusieurs intervenants (Céline Rebours – Møreforsking, Helena Abreu – EABA, Anda Ikauniece – CINEA) ont ensuite présenté les scénarios actuels et futurs concernant la disponibilité et la demande en biomasse d’algues. La récolte sauvage, la culture et les algues échouées sur les plages ont été abordées, en citant régulièrement les données du rapport D1.1 du CIRCALGAE comme l’une des sources pertinentes. Un constat récurrent a également porté sur le manque de données exhaustives, fiables et harmonisées entre les pays de l’UE, ce qui devrait constituer une priorité pour obtenir une « vue d’ensemble » et soutenir le développement du secteur. Des actions en ce sens sont actuellement mises en œuvre par l’EABA et Eurostat. Le professeur Olivier De Clerck, de l’université de Gand, a également présenté les travaux menés dans le cadre du projet iCULTURE visant à développer des modèles et à prédire l’évolution des forêts marines d’algues.
La partie suivante de l’atelier a porté sur la recherche, l’innovation et les filières industrielles favorisant les chaînes de valeur circulaires et en cascade.
Georg Kopplin, responsable R&D chez Alginor ASA et partenaire des projets iCULTURE et CIRCALGAE, a présenté le modèle de bioraffinerie de son entreprise.
Il a été suivi par Ronan Pierre, du CEVA, qui a présenté quelques points clés du rapport CIRCALGAE “Report of the current algae industry in Europe”, en mettant l’accent sur la conclusion du rapport qui examine les lacunes, les synergies et les opportunités pour les bioraffineries d’algues européennes. Après une brève introduction sur la situation actuelle du secteur et les principaux domaines d’intérêt pour les bioraffineries potentielles, il a examiné les freins techniques actuels, l’intégration des bioraffineries dans la dynamique du marché et de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que l’évolution du paysage réglementaire et politique. Il a conclu en présentant des perspectives d’optimisation des processus, de synergies industrielles et d’agilité, afin de soutenir une bioéconomie des algues florissante.
Pour conclure l’atelier, Monica Padella, chargée de projet au CBE-JU, et Laura Maragna, responsable du projet EU4Algae, ont présenté les possibilités de financement pour l’innovation et la mise à l’échelle dans le domaine des algues, ainsi que les prochaines étapes du déploiement d’EU4Algae, l’initiative phare de la Commission européenne pour le secteur des algues.
Enfin, un atelier interactif a permis à tous les participants de partager les besoins, défis, solutions et recommandations pour la filière.
Si vous avez raté l’événement, cliquez ci-dessous (intervention CEVA à 01:18 :45).


